Restitution des interventions de la Cie Mycélium à Bassens © Cie Architecture
Restitution des interventions de la Cie Mycélium à Bassens © Cie Architecture
Restitution des interventions de la Cie Mycélium à Bassens © Cie Architecture
Restitution des interventions de la Cie Mycélium à Bassens © Cie Architecture
Arpentage de la Cie Mycélium © Cie Architecture
Arpentage de la Cie Mycélium © Cie Architecture
Résidence Cie Mycélium © Cie Architecture
Résidence Cie Mycélium © Cie Architecture
Expérimentation de la clause culture à Bassens © Cie Mycélium
Expérimentation de la clause culture à Bassens © Cie Mycélium
Restitution © Cie Architecture
Restitution © Cie Architecture
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Pourquoi
on en parle

L’opération pilote Clause culture à Bassens s’inscrit dans le fil d’une longue réflexion menée par le POLAU – pôle arts & urbanisme pour faciliter l’intégration de démarches culturelles dès l’amont des projets d’aménagement, architecturaux et d’urbanisme.

Au-delà d’être une disposition particulière dans un marché public, le protocole clause culture est un acte de programmation ouverte. C’est un dispositif d’accompagnement des maîtres d’ouvrage désireux d’insérer un volet culturel dans leur projet d’aménagement pour l’enrichir.

La Clause culture est une disposition souple qui encadre plus qu’elle ne contraint. Son objectif est de créer de nouveaux cadres de commande dans les marchés (publics ou privés) pour intégrer des démarches culturelles et artistiques sur les différentes étapes d’un projet urbain. L’enjeu étant de créer une démarche créative et culturelle continue, lisible, structurée, qui puisse constituer le fil rouge, ossature motrice de l’opération à conduire.

Pour nourrir les réflexions et pour favoriser la compréhension de la Clause culture le POLAU a produit plusieurs ressources :
– une collection de livrets décryptant 9 initiatives inspirantes qui apportent un éclairage sur les rouages de projets existants « hors-normes », associant des démarches culturelles
– un livret de présentation qui présente la Clause culture dans les grandes lignes (intentions, plus-values, acteurs impliqués)
– un livret repères de mise en oeuvre, qui donne des clés à la fois opérationnelles, juridiques, financières et de gouvernance pour déployer efficacement la clause culture afin d’accompagner et de sécuriser les maîtrises d’ouvrages.

Text
Le projet

En 2024, une démarche culturelle est intégrée dans le projet de réaménagement du centre-bourg de Bassens, commune de la métropole bordelaise.

Le contexte de l’opération est celui d’une commune marquée par son patrimoine industrialo-portuaire qui connaît une croissance démographique s’incarnant actuellement dans un important projet urbain de 50 ha. A terme, 700 logements doivent sortir de terre, 5 ha de site industriel doivent être réhabilités et la gare doit devenir un pôle multimodal.

Face à ces enjeux, la SPL d’aménagement la FAB, avec le soutien du POLAU, souhaite intégrer au projet une démarche culturelle pour travailler le récit et orienter le sens et la conduite du projet. En 2023, le POLAU accompagne la FAB à l’insertion d’une Clause culture dans un marché de maîtrise d’œuvre urbaine. En 2024, la FAB sélectionne le groupement de l’agence Compagnie Architecture, qui lui propose de rédiger le cahier des charges de la commande culturelle pour sélectionner l’acteur culturel avec elle. Pendant six mois, la compagnie Mycélium, arpente, rencontre et interagit avec le territoire lors de plusieurs résidences in situ. Ce travail apporte une contribution qui ouvre une approche « pas de côté », pose un regard singulier qui infuse le développement du projet.

Zoom
Zoom sur
La démarche artistique de la Cie Mycélium

La démarche artistique de la Cie Mycélium se concentre sur les thèmes de l’accueil et de l’hospitalité face à l’arrivée de nouveaux habitants, ainsi que sur la double perception de Bassens comme ville et village. Les artistes se considèrent comme des « passeurs de récit », collectant les histoires de vie et les points de vue des habitants pour nourrir le projet. L’enjeu n’est pas de produire un spectacle au sens strict, mais plutôt un processus de mise en récit.

Pour mener l’enquête, Albane Danflous et Gabriel Soulard ont réalisé 5 résidences d’une semaine sur une durée de 6 mois, en adoptant la posture de futurs résidents. Ils posent alors une boîte géante sur la place du marché, pour mettre en scène leur arrivée et susciter les réactions, les échanges, les rencontres. Il s’immergent pour questionner comment on né à Bassens, on y grandit, on y vit, on y vieillit. Ils invitent une illustratrice à leurs côtés pour travailler des fresques du village avec les enfants de la place du marché. Toujours dans une posture « détective », ils prennent appui sur leur expertise environnementale, identifiant les espèces animales et végétales qui habitent le site.

Cette démarche d’enquête territoriale fait émerger un principe de “trame villageoise”. Cette notion interroge la vocation d’une commune périurbaine à se densifier, au risque de perdre son identité villageoise historique au cours d’opérations urbaines, pas toujours bien perçues pas les habitant.es.

Renforcer le sens du projet, singulariser sa forme

L’apport de la démarche culturelle a été souligné par la MOE dans sa capacité à maintenir la ligne directrice et le sens global (récit) du projet, au fur et à mesure des changements d’échelle depuis la phase de diagnostic à l’opérationnel.

Le recours au format artistique a contribué à la rencontre d’habitant.es et usager.es très divers, participant d’une meilleure identification des acteurs et d’un meilleur ancrage du projet. Elle a également considéré de manière plus élargie la voix des « non humains » en identifiant des espèces animales et végétales constitutives de l’identité locale.

La démarche a permit de tirer un fil de récit autour d’un principe de « trame villageoise », qui s’est traduit par des prescriptions architecturales et urbaines dans les consultations de MOE, mais aussi par des enjeux sociétaux repères (des logiques d’entraides, des rythmes de vie, des ambiances…).

Conditions de réussite et enseignements soulevés

L’expérience révèle les endroits d’interconnaissance nécessaires entre le monde de l’aménagement et du culturel pour faciliter ce type de démarches. Par exemple, le montage de la commande, a contraint l’équipe artistique a démarrer la démarche artistique dès la validation du marché dans un calendrier serré, laissant peu de temps à l’élaboration de la démarche de création.

Elle révèle également un besoin de temps pour bien se coordonner avec les différents acteurs du territoire pour garantir l’atterrissage de la démarche : implication très en amont des services techniques, identification de structures culturelles relais…

L’articulation entre la démarche artistique et le volet concertation est primordiale lorsque celle-ci n’est pas portée par les même acteurs.

Plus globalement, un travail important de coordination et de mise en lien est nécessaire pour garantir le crantage de la démarche artistique au projet. Cela passe par l’inclusion de l’équipe artistique aux COPILS, par un soutien logistique et un soutien en communication des interventions des artistes.

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