on en parle
Dans ses créations théâtrales, la Cie Mycélium puise dans la matière scientifique et les récits mythiques pour entrer en contact avec nos milieux de vie. Leurs créations arts-sciences invitent à dépasser les frontières établies entre humains, milieux et autres qu’humains. De la « symphonie des chauves-souris » à la « fresque terreuse », la compagnie convoque ce qui nous entoure et que l’on ignore pour ouvrir de nouveaux espaces de dialogue. Dans d’autres contextes, la compagnie développe des dispositifs artistiques « déconcertants » pour aider les territoires et leurs habitant.e.s à penser les transitions. La démarche artistique offre une nouvelle représentation des enjeux locaux et de nouveaux modes d’expression aux habitant.e.s.
La compagnie Mycélium est portée par un écologue et une comédienne qui ont fusionné leurs sensibilités et leurs compétences pour aborder des sujets écologiques par le biais du spectacle vivant. « Nous écrivons pour les espaces publics, des spectacles de théâtre transdisciplinaire et des projets avec les territoires, questionnant avec décalage et engagement nos liens sensibles à nos environnements et aux différents êtres vivants qui les composent. Nos créations dialoguent avec les paysages vivants et mouvants, urbains et ruraux; nous choisissons de jouer dans l’immédiateté que nous offre le réel pour poser nos questions, proposer nos jeux et provoquer des rencontres. » Albane Danflous et Gabriel Soulard, écrivent, créent et jouent avec la complicités et les compétences d’artistes et de technicien.nes, des spectacles mais aussi des balades, des enquêtes sociologiques, des réunions professionnelles ou citoyennes, des interventions en milieu scolaire à la confluence des Arts et des Sciences. La compagnie est en résidence permanente à Chapel-Mêle, lieu culturel alternatif d’Alençon (61) initié par la compagnie en 2015.
Depuis 2021 la Cie Mycélium propose le spectacle en espace public « Croûtes – célébration terreuse ». Face à une prise de conscience massive de la dégradation de la biodiversité et au malaise provoqué par l’irréversibilité de ce constat, la Cie cherche avec ce spectacle, à interpeller les imaginaires et les sens des spectateur.rice.s face à cette entité indispensable à toutes vies terrestres, et pourtant extrêmement fragilisée: le sol vivant. Elle le fait en transformant, le temps du spectacle, l’espace public. Un grand tas de terre devient le théâtre d’une fresque, retraçant de manière joyeuse les rapports des Hommes avec le sol : l’arrivée des Hommes sur terre, l’épuisement du sol et des Hommes, et les Hommes qui recommencent… autrement ? Pour produire cette œuvre, la compagnie s’est appuyée sur de nombreuses recherches et des rencontres avec un fossoyeur, un spécialiste des vers de terre, des immigrés… Tous ont pu enrichir l’œuvre de leur rapport personnel ou professionnel à la terre.
« Notre troisième peau » est un « chantier-théâtre » qui repense l’habitat de manière poétique, inspiré de l’œuvre picturale, architecturale et philosophique d’Hundertwasser, artiste viennois (1928-2000), précurseur de l’écologie.
En résidence durant cinq jours dans un quartier, la compagnie, en lien avec un centre-social ou une association, invite les habitant.e.s d’un village ou d’un quartier à questionner leur rapport à leur « troisième peau » et aux autres êtres vivants qui s’y trouvent.
Il ne s’agit pas d’une commande mais d’une proposition artistique. Cette posture est valable également dans la relation aux habitant.e.s : la Cie a besoin d’eux et ne prétend pas l’inverse. Durant une semaine, les protocoles de rencontre avec les habitants et approches artistiques déployées sont variées : encollage de papiers peints, peintures au sol, mosaïques, plantations d’arbres, création de nichoirs, constructions en papier mâché, vidéo-mapping, musique et déclamation des textes manifestes d’Hundertwasser. La résidence se clôture par un temps fort déambulatoire.
L’ancrage normand et les partenaires fidèles de la Cie ont permis des réalisations à Granville, à Caen, dans le Perche et à Nantes.