Bruit du Frigo

Collectif d’architectes

Thème : Concepteur-e Urbain-e

Mode d’actions

  • Faire la ville avant la ville
  • Fédérer les acteurs
  • Lire le territoire
  • Ouvrir de nouveaux espaces de parole
  • Susciter des méthodes alternatives d’urbanisme
  • Transformer / Requalifier

Structure intermédiaire entre un bureau d’études, un collectif de création et une agence de concertation, Bruit du Frigo regroupe depuis bientôt vingt ans des architectes impliqués pour une conception participative de la ville. Créé par des étudiants en architecture, en réaction contre le rapport hiérarchique instauré classiquement entre l’architecte et les usagers/ habitants, le collectif crée à partir des lieux et des gens. Ses projets commencent par la construction d’un espace de rencontre, qui sert ensuite d’amorce à des discussions collectives. Ce sont ces partages et débats qui font alors émerger des souhaits donnant lieu au projet d’aménagement. C’est en procédant ainsi que le collectif a bâti un spa sur le toit d’un immeuble, une grotte à taguer, des zones de loisirs temporaires, etc.

Refuge périurbain #5, Le tronc creux, Pessac © Bruit du Frigo
Refuge périurbain #5, Le tronc creux, Pessac
© Bruit du Frigo

Focus

Refuges périurbains

Depuis sa création, Bruit du Frigo s’intéresse aux zones délaissées de la périphérie urbaine de Bordeaux en y organisant des repérages, des promenades, des pique- niques. À partir de 2010, le collectif installe le long d’un parcours de randonnée autour de Bordeaux, des Refuges périurbains qui proposent à tous de venir passer une nuit dans ces lieux insolites. Dessinées par des artistes contemporains, ces cabanes-œuvres deviennent les avatars d’une nouvelle forme de tourisme, qu’on pourrait qualifier de « métropolitain ». Le succès de ces six refuges offre des pistes de prospective en matière de tourisme urbain.

Pourquoi on en parle ?

Sollicité par les élus et les aménageurs pour accompagner les mutations urbaines, Bruit du Frigo préfigure les transformations, aidant ainsi à leur appropriation par la population. Sensibilisant les usagers de la ville à ces enjeux, à travers notamment des dispositifs renouvelés de concertation, il la rend plus désirable, au-delà du durable. Militant de l’empowerment (de la montée en puissance) ou capacitation citoyenne, il apporte la démonstration qu’un urbanisme bottom up, du bas vers le haut, est envisageable. Néanmoins, l’expérience montre aussi volontiers les limites de l’exercice, face à la crainte des élus de voir renforcée la capacitation de leurs administrés, mais aussi les risques de détournement de son action au profit d’une animation pacificatrice. Cependant, sollicité par des structures artistiques désireuses d’ériger son travail en démarche d’art contemporain, Bruit du Frigo manifeste une volonté de résister ou de déplacer la commande au plus près des projets d’aménagement, d’interventions dans l’espace public et au contact des populations.