Écoute des sols, Gabriel Soulard © Cie Mycélium
Écoute des sols, Gabriel Soulard © Cie Mycélium
Introduction au bassin versol © POLAU
Introduction au bassin versol © POLAU
Balade urbaine "Seuls les sols" de Malou Malan © POLAU
Balade urbaine "Seuls les sols" de Malou Malan © POLAU
© POLAU
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Pourquoi
on en parle

Les sols sont partout sous nos pieds, mais n’existent quasiment pas dans les imaginaires collectifs. Ils sont réglementés, cartographiés, artificialisés. Leur considération s’impose comme un enjeu majeur des transitions (sociales, environnementales, politiques…) et de la transformation durable des territoires. L’École des sols vivants initiée par le POLAU-pôle arts&urbanisme- rassemble chercheur•ses, urbanistes, artistes en résidences, professionnel•les de l’aménagement et du territoire pour construire de nouvelles façons de s’approprier et de penser l’usage des sols de façon transdisciplinaire. Plus largement, elle s’adresse aux praticien•nes des sols (agriculteur•ices, maraîcher·es, fosseur•euses, terrassier•es…) et à leurs usager·ères (jardinier•es). La démarche prend appui sur la dimension culturelle et artistique comme levier pour changer les regards et les pratiques, à l’image du concept artistique de “bassin versol” proposé par la Cie Mycélium pour (re)penser nos liens aux sols et leur gouvernance, l’école des sols ouvre de nouveaux espaces politiques. Elle s’inscrit dans les suites de l’atelier national des territoires 2023 « Mieux aménager avec les sols vivants » – réalisé à l’initiative du ministère de la Transition Écologique et la DDT d’Indre-et-Loire, en partenariat avec Tours Métropole, Touraine-Est Vallées et l’appui de l’Agence d’Urbanisme de l’Agglomération de Tours – et résonne avec les enjeux qui se posent au niveau national (ZAN, Institut de la Transition Foncière…) comme européen (Directive UE 2025/2360 relative à la surveillance et à la résilience des sols).

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Le projet

L’École des sols vivants propose un cadre de co-apprentissage transdisciplinaire à travers une dynamique  “d’école ouverte”. En associant des acteurs institutionnels, des acteurs de l’aménagement et du monde artistique ainsi que des chercheurs des laboratoires de recherche de l’Université de Tours, le projet travaille culturellement et collectivement les transitions autour des alertes et des risques concernant les sols “vivants”. L’objectif étant une meilleure considération de leurs usages, représentations, et de la cohabitation des activités humaines et autres qu’humaines. Entre programmation culturelle, aménagement et transition des territoires, l’Ecole des sols vivants crée les conditions d’un exercice collectif tout en développant de nouveaux récits de territoire et proposant un programme d’actions associées. 

Afin d’élargir la communauté apprenante, le POLAU initie des rencontres et des résidences “arts-sciences-territoires” pour proposer de nouveaux imaginaires, représentations et référentiels afin de sensibiliser aux enjeux des sols vivants et engager plus largement les réflexions sur les enjeux liés à l’aménagement, la planification urbaine et la gouvernance de cette ressource en commun. Ainsi, un compagnonnage artistique a été proposé à la Cie Mycélium pour imaginer les enjeux et formats d’une école des sols vivants. Le programme en cours invite artistes, chercheurs et acteurs culturels en résidence pour explorer des formats variés : balade artistique “Seuls les sols conçue pour la Z.I. des Grands Mortiers de Saint-Pierre des Corps par Malou Malan (Cie Pour l’Instant) ; visite immersive en réalité augmentée de nos sols par la Cie Neige et Cailloux (Pierre Amoudruz et Emilie Harache), résidences avec Tiphaine Laurent, illustratrice et ethno-paysagiste…

Zoom
Zoom sur
le Bassin versol

La Cie Mycélium, à travers un compagnonnage artistique, a fait émergé une proposition d’enquête autour de la définition d’un concept artistique de géographie fictionnelle et transdisciplinaire : le “bassin versol”. Cette éco-fiction géographique, librement inspirée du bassin versant – relatif aux fleuves, rivières et étendues d’eaux – propose de considérer le sol comme un espace d’échanges et cycles de matières organiques entre les humain·es et les sols vivants. L’enquête aborde les liens d’attachements riverains, la question des symboles et des mythes qui nous relient aux sols et imagine ce que pourrait être une gouvernance pour l’état de santé des sols.

Les artistes se posent alors la question : Et s’il était possible de dessiner un espace géographique dans lequel inscrire notre appartenance aux sols vivants ? Dans quel état de santé je vais laisser les sols auxquels j’appartiens, et de quel état de santé de bassin versol aurais-je besoin pour pérenniser les existences auxquelles je suis attaché ? Dois-t-on envisager une solidarité et une gestion territoriale de l’amont à l’aval de nos corps ?

Seuls les sols

Artiste formée à la FAI-AR (Formation supérieure d’art en espace public), autrice, musicienne et urbaniste, Malou Malan propose Seuls les sols, un parcours situé dans la zone industrielle des Grands Mortiers (Saint-Pierre-des-Corps) jalonné d’étapes en musique, en récits et en images ; qui interroge le rapport à nos sols et leurs usages sur une zone perçue comme fonctionnelle et résiduelle, aux sols “morcelés” et où la voiture prédomine. Entre impensés sur la fabrication de nos sols urbains et évolutions des usages ; projections d’aménagement du quartier et enjeux d’un territoire minéralisé inondable; développement urbain et nécessité de prendre soin des zones naturelles.

La pratique de Malou Malan entrecroise les champs artistiques (écriture, poésie, slam, musique, installations) à des questions de paysage, d’urbanisme et d’anthropologie En prenant appui sur les outils issus de sa pratique initiale d’urbaniste (relevés, analyse territoriale), des registres de l’anthropologie (observation participante, enquête) et de la sociologie de terrain, elle enquête sur les lieux et réalise notamment des « Marches Composites » en espace public.

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