Syndicat Potentiel

Foyer de recherche et de création

Thème : Structure

Mode d’actions

  • Faire la ville avant la ville
  • Fédérer les acteurs
  • Lire le territoire
  • Ouvrir de nouveaux espaces de parole
  • Susciter des méthodes alternatives d’urbanisme
  • Transformer / Requalifier

En 1992, une dizaine d’étudiants de la HEAR-Haute École des Arts du Rhin (anciennement École Supérieure des Arts Décoratifs) fondent à Strasbourg l’association Le Faubourg dans le but d’ouvrir un espace indépendant dédié à l’expression et à la diffusion des arts. L’idée germe, le Syndicat Potentiel s’implante dans le paysage strasbourgeois au début des années 2000. Cet espace de recherche-action mûrit avec l’intention d’inciter des croisements entre les démarches de création artistique et des questionnements contemporains. Aujourd’hui, quatre axes thématiques de travail se stabilisent : Économies et écologies des pratiques artistiques en société ; Observations, appropriations et gouvernances de l’espace public ; Pratique de la relation : commun, collaboration, co-création et enfin Post-capitalocène, post-anthropocène, post-colonialisme. Chaque année, l’association profile une programmation de rendez-vous : tables ouvertes dédiées au partage d’expériences, réunions hebdomadaires du conseil artistique, accueil de manifestations citoyennes, résidences de recherche. Dans les espaces de travail dont dispose le Syndicat Potentiel, artistes, chercheurs, acteurs culturels et sociaux, enseignants, étudiants et amateurs d’art sont amenés à se côtoyer. Depuis 1992, plus de cinq cents expositions ont été organisées, présentant plus de neuf cents artistes et invités et recevant près de 45 000 visiteurs.

Poussière de l’artiste Clément Richem
Exposition Richterskala au Syndicat Potentiel, 2013 © Clément Richem

 

Focus

Résidence de recherche Art et Territoire

Une résidence de recherche Art et Territoire est mise en place au Syndicat Potentiel. Chaque année, un artiste élabore une démarche de recherche sur un terrain de la région strasbourgeoise, sollicitant la participation d’un ou de plusieurs chercheurs. L’axe capital de la méthodologie repose sur l’investigation d’un territoire et de ses formes de représentation. Si l’artiste arpente le territoire qu’il choisit d’étudier, le Syndicat Potentiel lui offre un lieu d’appui et la possibilité de consulter le conseil artistique. Après une année de recherche sur le territoire, l’artiste restitue son travail sur le plateau du Syndicat Potentiel, surface consacrée au partage d’expériences. En 2017, Marianne Villière participe à la première résidence Art et Territoire du Syndicat Potentiel. La plasticienne choisit de se concentrer sur la cartographie de dispositifs anti-sites repérés sur l’agglomération strasbourgeoise : bancs publics devenus places assises individuelles, potelets consignant l’assise dans certains recoins de ville, œuvres d’art détournées au profit de la dissuasion… Le recensement de ces éléments destituant l’espace public de certains usages fait émerger des idées recourant au détournement, à la création de contre-formes de rue, publiques, généreuses et accueillantes.

Pourquoi on en parle ?

Depuis 1992, le Syndicat Potentiel s’attache à se saisir de la création comme pratique de recherche et d’expérience. Après plus de vingt ans d’activité, il ouvre sa démarche au territoire, fondant la Résidence Art et Territoire. Au cours de l’exercice, les démarches de création et de recherche se penchent sur la complexité territoriale, initiant des méthodes hybrides. Les initiatives soutenues par le Syndicat Potentiel n’aboutissent pas nécessairement à la production d’œuvres mais impliquent la définition d’une problématique, d’un champ de recherche et la constitution d’un corpus. La captation et la structuration des éléments de ce corpus participent d’une restitution des singularités et sensibilités des terrains pratiqués, et mettent en lisibilité cette démarche de recherche sur territoire.