on en parle
S’appuyant sur les auditions du parlement de Loire, un temps de résidence précise le protocole d’enquête et va à la rencontre de spécialistes de l’eau (ingénieurs, paysagistes, chercheurs..). Il s’agit d’une expérience immersive qui interroge la figure de « Loire, fleuve nourricier » et qui se verse à la démarche du parlement de Loire.
“Ce que nous dit l’eau” est une expérience hybride, entre le culinaire et le regard artistique porté sur un paysage. Elle participe à l’émergence collective d’attachements sensibles aux entités de l’eau (rivières, fleuves, nappes phréatiques, mers ou autres). Il s’agit de mettre en œuvre une expérience artistique, nourricière et offrir un écrin philosophique, poétique et politique à cet enjeu majeur qu’est la gestion de l’eau.
La nourriture et l’acte de manger, au cœur de cette création artistique, permettent d’aborder de manière inédite de nombreux sujets comme le paysage, son histoire, le lien aux vivants, le vivre ensemble, le partage des terres, la gestion de l’eau, la géographie.
La démarche s’inspire de l’ethnographie et se déroule en trois temps : une enquête (de trois mois à deux ans), une restitution finale pour chacun des territoires traversés et une trace graphique, sous forme d’une carte sensible, d’un livre ou de la création d’un jeu de tarot. Ils constituent des archives de l’expérience. Il s’agit d’un projet d’équipe, avec des compétences diverses (plasticien·enne·s, scénographe, performeur·euse, créateur·rice sonore, botaniste) et des acteur·ices locaux du territoire : maraîcher.e.s, pêcheuses et pêcheurs, chef.fe.s de cuisine, chercheuses et chercheurs, habitant.es… La démarche crée des liens sociaux-poétiques avec, par exemple, un pêcheur, une bergère ou une cueilleuse.
Ce que nous dit l’eau est un projet de territoire pour créer, goûter et révéler l’attachement à nos cours d’eau. C’est une œuvre in situ, immersive, participative et évolutive, qui invite artistes, habitant·es, agriculteur·trices, pêcheur·ses, à valoriser, goûter, cartographier, et provoquer des attachements. Elle se base sur des enquêtes, des rencontres et des dégustations. L’expérience accueille 120 spectateurs maximum (possibilité de jouer plusieurs jours de suite), dans un espace si possible assez sauvage et à proximité d’une rivière, marais, étang ou autre point d’eau participant à la dramaturgie. Les balades peuvent démarrer dans un espace urbain mais le campement et le rituel se déroulent à proximité de l’entité eau choisie pour la création.Ces dégustations se font à partir des produits du terroir (via les maraîchers, les pêcheurs, et les plantes sauvages glanées sur le territoire). L’ensemble est mis en récit par un dispositif sonore et par des prises de parole en direct. Ce que nous dit l’eau se déroule en trois temps : une longue enquête (trois mois à deux ans), une restitution finale valorisant chaque territoire traversé, et une trace graphique, sous forme d’une carte sensible faisant état et archive de l’expérience ainsi que d’un tarot de l’eau.La restitution finale est une expérience immersive qui dure de 2 à 3 heures. Elle se compose d’une balade, de récits, d’interventions de divers acteurs locaux et d’un rîte culinaire d’attachement à nos paysages et à l’eau. C’est un projet d’équipe, qui réunit des compétences diverses – plasticien, scénographe, performer.euse.s, créateur sonore, botaniste et des acteurs locaux du territoire maraîcher.e.s, pêcheuses et pêcheurs, chercheuses et chercheurs, habitant.es…
Les participant·es sont équipés de casques individuels et séparés en plusieurs groupes. Le public participe à une balade sonore et interactive qui donne des informations sur le paysage et sur le rituel à venir. Des témoignages, des récits permettent l’immersion dans le paysage et la compréhension des liens entre le territoire et l’eau. Les récits glanés pendant l’enquête de territoire constituent la matière sonore principale et ils sont mis en dialogue avec le texte de Floriane Facchini, la narratrice, le guide. Cela permet de mêler une écriture documentaire fabriquée à partir des récits collectés et l’instant présent du paysage. La diffusion de sons « d’ambiances » issus des sessions d’enregistrements de terrain sont associés à une création musicale multi-instrumentale.
Une fois la balade sonore terminée, le public est accueilli dans l’espace du rite culinaire, préalablement installé. Un série de gestes d’attachement culinaires sont alors proposés : lavage des mains, boire un coucher de soleil de Loire, manger dans le creux de la main etc… Le dispositif du rituel est constitué d’une table basse et des matériaux légers du territoire. En plus de leurs usages fonctionnels, ils participent aussi à la narration et à la dramaturgie. D’autres espaces sont consacrés à la cuisson primitive. Il s’agit par exemple de cuissons dans le sol et de cuissons à la vapeur, de légumes cuits dans l’argile de la rivière, de fumaisons de poissons pêchés sur place. Des cuisinier•ères performeur.euse.s interviennent aussi en direct. La cuisine intègre des plantes sauvages, des odeurs et des matières locales (roches, racines, légumes…) et des saveurs inédites. Des petites portions de poisson sont également proposées (geste frugal).