Je ne vois pas de différence © Malou Malan
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Pourquoi
on en parle

La démarche Hôpital habité de Malou Malan – Cie Pour l’Instant – est une démarche de recherche-création qui appréhende le corps urbain dans son aspect organique. L’enquête dresse un parallèle avec le corps humain malade, hospitalisé. Ses méthodes reposent sur une exploration immersive et réflexive de ses terrains : arpentage, photographie, lecture scientifique, entretiens avec les travailleur.euses du bâtiment et de l’hôpital. Elle y glane sons et matériaux qui lui servent par la suite pour ses créations artistiques. Sa démarche artistique est nourrie par ses expériences d’architecte-urbaniste, par son parcours artistique de violoniste et d’autrice et sa formation à l’art en espace public à la FAI-AR. Dans son travail, l’art est outil d’enquête et révélateur des symptômes d’une ville malade et des blessures réelles causées par certaines transformations urbaines.

Text
Le projet

La compagnie Pour L’Instant développe un projet de recherche-création qui s’articule autour de la notion intitulée « Hôpital habité, Hôpital urbain ». Elle creuse la corrélation entre les êtres vivants abîmés et les ruines bâties contemporaines, sous le prisme de la question du prendre soin, du traitement, de la réparation, de la maladie : des corps bâtis aux corps humains, de la ville en chantier à l’hôpital, du corps urbain au corps social. Ce projet de recherche création prend différentes formes. Il s’agit tout d’abord d’une envie de mener des projets de territoire avec des habitant.e.s d’un quartier en mutation autour de la question de l’habiter et de la relation à son logement et son quartier, dans une démarche intime et politique. Malou Malan, directrice artistique de la Cie mène un travail d’écriture poétique sur les relations entre le corps bâti et le corps humain, qu’elle déclame dans une conférence slamée Je ne vois pas de différence, en cours de création.

Protocole d’enquête Hôpital habité, hôpital urbain, à retrouver dans le carnet Les Arts Détectives ©POLAU
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Je ne vois pas de différence

« Je ne vois pas de différence » est un spectacle en espace public qui prend la forme d’un dialogue poétique et fragmenté, entre un corps humain et un corps bâti, dans lequel mots, musique, matières, paysage et corps s’entremêlent.
Depuis la chambre d’un hôpital urbain, une patiente se raccroche à son corps comme à un corps en chantier. Elle se raconte en rebond sur le déjà-là, l’environnement qui l’entoure : les passages de l’infirmier ou de l’ouvrier, les murs immaculés ou abîmés, les paysages urbains mouvants qui se resserrent contre nous… Elle nous livre ses sensations corporelles au frottement de sa vision de la ville morcelée, s’interroge sur la légitimité à parler de maladie, s’étonne de nos rythmes urbains contradictoires entraînant une construction-déconstruction perpétuelle, se souvient d’un homme malade qui vivait sur un chantier et de l’ouvrier qui cachait des objets dans les murs…
« Je ne vois pas de différence » est une embarcation verbale, brute, poétique et onirique dans une métaphore filée entre les tréfonds de l’hôpital et du chantier.

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