Didier Courbot

Acteur de paysage

Thème : Artiste

Mode d’actions

  • Faire la ville avant la ville
  • Fédérer les acteurs
  • Lire le territoire
  • Ouvrir de nouveaux espaces de parole
  • Susciter des méthodes alternatives d’urbanisme
  • Transformer / Requalifier

Arpenteur de villes, formé aux beaux-arts puis au paysage, Didier Courbot réalise des micro- interventions dans la ville, avec un goût prononcé pour les espaces interstitiels, les brèches, les laissés-pour- compte, les anomalies qui constituent pour lui autant de situations propices à la création. À l’image d’une prothèse minimaliste appliquée au corps urbain, Didier Courbot vient réveiller la fonctionnalité d’un objet (un poteau devient le support d’un nichoir) ou diriger le regard sur une forme de banalité (en arrosant une herbe de trottoir nichée dans une infractuosité).

Needs, Paris, 2001 © Didier Courbot - Courtesy Galerie Nelson
Needs, Paris, 2001
© Didier Courbot – Courtesy Galerie Nelson

Focus

Série des « Needs »

A partir de petits dysfonctionnements et besoins repérés (désignés sous le titre générique de needs), l’artiste opère d’infimes actions sur le mobilier urbain : entretenir, réparer ou créer de petits équipements urbains. Série menée dans plusieurs grandes villes (Paris, Prague, Rome, Osaka, etc.), elle résulte d’une observation du lieu comme motivation préalable à l’action. L’œuvre naît d’un écart entre l’objet et son usage (un banc avec une latte manquante que l’artiste vient sommairement remplacer avec du bois brut), ou encore entre le signe et sa fonction (un passage piéton effacé est repeint).

Pourquoi on en parle ?

Du registre de la trace et de la micro-intervention, le travail de Didier Courbot se situe à la frontière entre aménagement et installation artistique. Ce regard obsessionnel sur la ville, à la marge des beaux-arts autant que du paysage ou de l’architecture, résonne avec le profil mixte de l’artiste. En intervenant à répétition sur l’espace public par un geste artistique contenant sa propre intentionnalité, il remet en question l’évidence fonctionnelle des formes urbaines. Ces petits riens prennent l’allure d’un manifeste : pour un espace public avec lequel chacun est à même de développer un rapport intime, rapport rappelant celui qui se forme entre une oeuvre et un spectateur.