on en parle
L’idée fondamentale du Chantier Ouvert du Point H^UT a été celle de faire chantier autrement, par une expérimentation participative à travers des dispositifs créatifs et didactiques en symbiose avec la transformation du lieu.
Cette expérience nécessite une rupture avec les rôles traditionnels entre les acteurs d’un chantier (maîtrise d’œuvre, maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’usage et les entreprises) pour instaurer un dialogue et un dépassement des pratiques usuelles. La présence d’une Cité de chantier a permis de créer une « haute qualité relationnelle » entre les usagers ainsi qu’une certaine appropriation des lieux par les ouvriers, leur proposant des moments de partage avec leurs proches sur ce chantier.
Au cours des dix huit mois de chantier, une programmation culturelle pluridisciplinaire rattachée aux différentes phases du chantier s’est déroulée grâce à des intervenants de tous horizons (artistes, chercheur.euse.s, concepteur.ice.s et constructeur.ice.s). Lorsque le chantier a ouvert ses portes au public, il a aussi permis l’ouverture d’un monde imaginaire où chacun·e a pris part à cette expérience.
Le POLAU a souhaité faire de ce chantier un projet témoin d’urbanisme culturel, en proposant un récit intrinsèque à la transformation d’une friche en lieu de création urbaine. L’atmosphère globale de ce chantier a eu des effets significatifs sur son fonctionnement : tenue des délais, respect des règles, aucun surcoût et aucun accident. Le chantier ouvert relève d’une approche innovante sur le plan juridique (clause inscrite dans le cahier des charges via une lettre aux entreprises) créant les conditions contributives en faveur de la démarche culturelle. Elle préfigure les “clauses culture” dans les projets architecturaux et d’aménagement.
Le Chantier Ouvert est le nom du projet donné à la rénovation d’un ancien entrepôt de stockage, qui s’étend sur une parcelle de 6000 m2 qui permet d’accueillir aujourd’hui Le Point H^UT. Ce Chantier Ouvert est né avec l’envie de penser différemment la (re)construction d’un édifice en proposant une nouvelle relation entre l’art, l’urbanisme et le corps social rattachés à ce lieu. Le Chantier Ouvert du Point H^UT se situe dans la zone d’activité de Saint-Pierre-des-Corps et a pour particularité de s’inscrire dans un paysage ferroviaire et industriel.
Le Chantier Ouvert a été possible grâce une permanence architecturale de l’Agence Construire tout au long du chantier proposant ainsi des visites hebdomadaires. Le POLAU, quant à lui, a souhaité réaliser des alternatives à la découverte de ce chantier à travers des évènements sur-mesure (résidences de création sur les lieux).
Cette aventure hors du commun débute en octobre 2013, avec comme soutient la présence des élus locaux. Ce lancement de chantier est alors pensé comme la première transgression d’un acte protocolaire vers une action symbolique. Le chantier prend fin au mois d’octobre 2014 et sera inauguré en avril 2015, accompagné de visites officielles et de parcours multiformes.
Toute la complexité de ce projet réside dans l’entre deux : une problématique technique sera associée à une performance artistique. Des résidences artistiques, tables-rondes/ateliers et cycle de conférences sont organisés autour de plusieurs thématiques liées au lieu d’implantation (pollution des sols, construction en zone inondable, nuisances sonores, interdits du chantier, ville affective et accessibilité aux personnes à mobilité réduite).
Le POLAU, convoqué à la fois en tant que maîtrise d’usage mais aussi pour sa compétence en urbanisme culturel a voulu au cours de ce chantier, convoquer la création artistique comme outil de sensibilisation environnementale, plus spécifiquement sur la thématique du risque inondation. Son emplacement géographique, en zone inondable, y est pour beaucoup : en 2014, Saint-Pierre-des-Corps est sélectionné en qualité de site pilote de l’Atelier national « Territoire en mutation face aux risques ». Au regard des contraintes qui pèsent sur la mise aux normes du Point H^UT (hauteur des prises électriques, des entrées, etc.), le POLAU fait appel à des spécialistes de la construction en zone inondable pour comprendre comment habiter et travailler dans les territoires soumis aux risques et décrypter les modes d’action. Ainsi, les professionnels de l’aménagement présentent les enjeux urbains et architecturaux de la construction en zone inondable. Afin d’augmenter les propos techniques par une approche fictionnelle, la présentation est suivie du récit filmé d’une expédition artistique de 24h simulant un scénario d’inondation, afin de rendre concret un sujet difficilement palpable.
Le calendrier des travaux indique la moitié des travaux au mois d’avril 2014. La « levée de charpente » est ce moment par lequel la forme du bâtiment émerge et signe son inscription urbaine. C’est l’occasion de mettre en scène l’histoire commune entre occupants, entreprises et architectes pour fêter la mi-chantier.
Les usagers embarquent les ouvriers et architectes dans une aventure théâtrale pour mettre en place la dernière poutre métallique du bâtiment. Cette mise en scène d’un acte de construction laisse place à la mise en lumière de la halle, sur un mix électro-festif. Un jeu de traçage lumineux souligne le squelette architectural de la halle et provoque une piste de danse éphémère.