on en parle
Dans sa volonté de développer un apprentissage collectif par l’expérimentation en architecture sur une échelle européenne, l’EASA complète la formation purement théorique des écoles d’architecture en mettant l’accent sur les pratiques inventives et constructives. En outre, plus que la démonstration de résultats, l’assemblée étudiante européenne donne un cadre favorable à l’émergence d’un processus territorial créatif. En amenant les participants à se confronter ensemble aux contraintes et aux richesses d’un territoire, l’évènement international invite à l’échange d’expérience, à la discussion de points de vue et au croisement de méthodes. En cela, il dresse un cadre expérimental foisonnant d’intelligence collective.
L’assemblée européenne des étudiants en architecture (EASA) est fondée en 1981 par des étudiants architectes anglo-saxons sur l’idée d’ancrer un temps annuel d’échange entre les formations européennes en architecture. Pendant deux semaines estivales, cinq cents étudiants en architecture et jeunes diplômés se donnent rendez-vous : ateliers, conférences, débats et expositions ouvragent la manifestation qui se structure selon une thématique annuelle en lien avec le site qu’il intègre. Sur la pratique comme sur la théorie, les formes d’apprentissage vont du chantier de construction au workshop multimedia, en passant par l’atelier de performance, de photographie et d’artisanat. Chaque EASA est organisée comme un évènement unique par une équipe d’étudiants et jeunes diplômés architectes européens volontaires. La programmation est portée tant par des tuteurs assurant l’organisation des activités proposés, que par des organisateurs structurant l’ensemble de la manifestation à l’avance, gérant la coordination de l’ensemble et la recherche de sponsors et de supports médiatiques.
En 2018, l’EASA prend place en Croatie dans le port de Rijeka. La ville se prépare alors à devenir la Capitale de la Culture Européenne 2020. L’EASA est pour elle une occasion de préfiguration de ses infrastructures et de ses dispositifs culturels. Les participants, réunis sous le thème Re : (re:cycler, re:penser, ré:inventer, ré:duire…) sont moteurs d’explorations en tous genres : micro-architectures et aménagements urbains, fresques, conférences offshore, design de mobiliers, pièces théâtrales, séquences performatives et participatives constituent les éléments d’une scénographie en expérimentation à même la ville. Ces deux semaines mettent les espaces publics de la ville portuaire au travail, en faisant émerger des usages, des dialogues, des envies… Re : Easa, bénéficiant notamment du soutien financier de puissances publiques croates et européennes, s’inscrit ainsi dans une préfiguration de la Capitale de la Culture Européenne 2020.