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L’urbanisme transitoire : optimisation foncière ou fabrique urbaine partagée • Étude IAU Île-de-France

Rédaction : Diguet Cécile | IAU-Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Île-de-France | Janvier 2018

« Délaissés, friches, terrains vagues… : toutes ces dénominations aux limites parfois floues, aux définitions statistiques complexes, font écho à des moments d’indécision dans la production urbaine et architecturale, à des périodes de crise économique (désindustrialisation, délocalisations), à des héritages insolubles, des terrains condamnés par la pollution des sols ou de trop longues négociations foncières. Dans ces espaces se sont longtemps installés des usages sans titre, des squats, préfigurant en partie ce que nous appelons ici l’urbanisme transitoire, où des occupations culturelles ont notamment pu être développées et parfois, pérennisées.
L’urbanisme transitoire touche aujourd’hui les milieux institutionnels de l’aménagement après un long et lent processus permettant de passer d’un urbanisme très planificateur et top-down, dans la lignée de la reconstruction et des grands ensembles, à un urbanisme plus local depuis les années 1980 et les processus successifs de décentralisation, et plus concerté, depuis les années 1990.
Comment le définir ? Il englobe toute initiative qui vise, sur des terrains ou bâtiments inoccupés, à réactiver la vie locale de façon provisoire, lorsque l’usage du site n’est pas déterminé ou que le projet urbain ou immobilier tarde à se réaliser. Ces projets se déploient depuis le début des années 2010 dans des cadres juridiques sécurisés, et ont fait peu à peu leur entrée dans la boîte à outils des acteurs de la ville, notamment des aménageurs. Mais comment fonctionne l’urbanisme transitoire ? Pour y répondre, l’IAU a analysé 69 projets franciliens, depuis 2012, et mené des entretiens avec leurs acteurs : occupants, aménageurs, collectivités. L’étude détaille ainsi les caractéristiques des sites occupés, des usages et espaces développés, des acteurs impliqués, tout en précisant le cadre juridique et financier de ces occupations. Elle revient également sur la manière dont ces projets influencent la fabrique urbaine : leur intégration à des stratégies urbaines, patrimoniales, sociales ; la façon dont ils informent la programmation des projets urbains futurs ; enfin, leur rôle dans la valorisation de la petite échelle dans les politiques urbaines. »

► Interview de Maud Le Floc’h, directrice générale du POLAU-pôle arts & urbanisme (p.16 > 18)
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