Fondation Logirem

Politique culturelle et artistique d’entreprise

Thème : Structure

Mode d’actions

  • Faire la ville avant la ville
  • Fédérer les acteurs
  • Lire le territoire
  • Ouvrir de nouveaux espaces de parole
  • Susciter des méthodes alternatives d’urbanisme
  • Transformer / Requalifier

Logirem, entreprise sociale pour l’habitat, société du groupe Habitat en Région, gère 22 000 logements dans les régions PACA et Corse. En 1998, ce « bailleur » crée sa fondation d’entreprise qui accompagne et finance des projets culturels et artistiques au profit des habitants des résidences et copropriétés qu’il gère. Les actions de la fondation s’inscrivent dans la démarche de Responsabilité Sociale de l’Entreprise avec la volonté affichée de « favoriser le lien social au cœur des quartiers sensibles » et plus particulièrement sur leur parc immobilier.
L’accompagnement de la fondation prend deux formes distinctes. D’abord celle d’un financement classique de projets déjà crées et portés par des associations ou des acteurs locaux. Plus de mille initiatives ont été soutenues en 2016 (ateliers de pratique artistique, sensibilisation à la danse, accompagnement des habitants aux transformations urbaines…). En parallèle, la fondation impulse des projets artistiques sur le parc immobilier de l’entreprise tels que : des résidences d’artistes et/ou la conception d’œuvres pour de nouveaux bâtiments.
Particulièrement mobilisée lors de Marseille capitale de la culture en 2013, la fondation a par ailleurs créée le groupe « Cultur’m » dans lequel des salariés de l’entreprise relaient les projets artistiques et portent la vision culturelle de l’entreprise.

Incidences Etienne Rey
© Fondation Logirem

Focus

Opération du Carré Saint Lazare

Dans le troisième arrondissement de Marseille, sur une emprise de 8000m2 entre le boulevard National, le boulevard de Strasbourg et la rue de Crimée, Logirem développe un programme mixte de trois-cent-cinquante logements et d’infrastructures avec une crèche, des espaces senior et une résidence étudiante notamment.
Logirem en tant que maitrise d’ouvrage et avec l’appui de la fondation prévoit dès le début du projet une œuvre artistique, en cœur d’ilot sur le thème de la lumière et y consacre budgétairement, 0,2 à 0, 3 % du montant total des travaux.
L’appel d’offre pour produire cette œuvre est remporté par Etienne Rey, un artiste plasticien et numérique en résidence à la Friche Belle de mai (toute proche).
Lors de la conception et de l’installation de l’œuvre en parallèle des travaux sur l’ilot, un travail important de médiation est mené avec les habitants et porté par l’artiste et l’association « en Italique » dont les actions sont prises en charge financièrement par la fondation.
Mais le projet est également l’occasion pour la fondation et la maitrise d’ouvrage de créer des outils de pilotage et de suivi. Le projet culturel est ainsi porté par la maitrise d’ouvrage et une équipe projet dédiée (maitrise d’ouvrage, Cirva, Frac, Fondation Logirem). Des outils de pilotage sont également mis en place tels qu’un comité technique (architecte, artiste et maitrise d’ouvrage), un Comité de suivi (communication, architecte, « en Italique », équipe de gestion) et un comité de partage élargi aux partenaires des collectivités Ville de Marseille et Mairie de secteur.
L’œuvre « Incidences » d’Etienne Rey a été livrée en février 2017, et le projet immobilier en décembre 2016.

Pourquoi on en parle ?

La fondation Logirem, montre la possibilité pour une maitrise d’ouvrage d’impulser et de piloter des volets culturels dans les projets urbains mais également leur viabilité économique en l’inscrivant dès le départ dans le budget de l’opération (à la manière d’un 1% artistique volontaire) et en s’appuyant sur la politique de l’entreprise. Cette initiative montre l’appétence des aménageurs pour les démarches artistiques au-delà des obligations légales.

Portée par une équipe pluridisciplinaire sensibilisée aux projets artistiques et culturels, la démarche permet de mieux appréhender les attentes des habitants vis-à-vis de l’œuvre et de choisir un artiste pertinent pour le projet en question. Dans le cas du Carré Saint Lazare, comprenant un volet poussé de médiation, le travail de l’artiste Etienne Rey doit dépasser la production d’une œuvre pour s’intéresser aux besoins et usages des futurs habitants. Nous pouvons imaginer que les œuvres ainsi produites soient particulièrement pertinentes dans leur contexte du fait du processus volontaire et attentif qui a présidé à leur mise en place.