Felice Varini

Peintre de perspectives urbaines

Thème : Artiste

Mode d’actions

  • Faire la ville avant la ville
  • Fédérer les acteurs
  • Lire le territoire
  • Ouvrir de nouveaux espaces de parole
  • Susciter des méthodes alternatives d’urbanisme
  • Transformer / Requalifier

Prenant l’espace architectural et tout ce qui le constitue à la fois comme support et comme terrain d’action, Felice Varini peint à partir d’un point de vue, défini et soigneusement choisi, des formes élémentaires et colorées selon un procédé de déconstruction et de jeu optique. Arpenteur d’espace, l’artiste conçoit ses peintures monumentales à partir d’un point dans l’espace (un point de vue qui dévient un point de lecture de l’urbain), à partir duquel tous les fragments dispersés dans la ville (sur les murs, les toits, les rues, etc.) retrouvent leur cohérence et s’assemblent à la vue du spectateur. Ses œuvres sont présentées au public sous forme d’installations et de peintures dans l’espace public, comme dans le port industriel de Saint- Nazaire, où l’oeuvre « Suite de triangles » (Biennale Estuaire, 2007) est donnée à voir depuis le haut de la base sous-marine. Un travail photographique, mené en parallèle, garde la mémoire des points de vue et archive l’installation.

Vue de la cheminée, Villeurbanne  © Felice Varini
Vue de la cheminée, Villeurbanne
© Felice Varini

Focus

Vue de la cheminée

En 2001, dans le cadre d’un 1% artistique et culturel à Villeurbanne, Felice Varini conçoit le projet « Vue de la cheminée » : une passerelle noire en arc de cercle traverse une haute cheminée d’usine en brique rouge, dernier vestige d’un quartier industriel et ouvrier. La proposition du peintre s’étend à l’ensemble du territoire, par la perspective à l’infini que souligne l’ouvrage, mais aussi par la création d’une nouvelle place publique au centre de laquelle est dressée la cheminée. En 2012, le projet urbain « Gratte- ciel Nord » suit le geste de l’artiste : la perspective mis au jour dix ans plus tôt devient l’ossature du renouveau de Villeurbanne et conforte le centre ville comme pôle d’agglomération.

Pourquoi on en parle ?

Felice Varini inscrit son œuvre dans la démesure de la ville et du paysage. Il propose, à travers un travail plastique au vocabulaire élémentaire, d’autres perspectives sur la ville où le spectateur devient acteur par sa propre perception. Les plans, les frontières, les différences se confondent dans un jeu optique, et la recherche du point de vue de l’artiste devient prétexte à une expérience renouvelée de la ville, sorte de promenade dans un tableau. Ses œuvres exigent une prise de position dans l’espace pour le spectateur, le pousse à la désorientation par la rupture des échelles et à l’appropriation des différents points de vue existant sur un même espace.