Erwin Wurm

Artiste sculpteur

Thème : Artiste

Mode d’actions

  • Faire la ville avant la ville
  • Fédérer les acteurs
  • Lire le territoire
  • Ouvrir de nouveaux espaces de parole
  • Susciter des méthodes alternatives d’urbanisme
  • Transformer / Requalifier

Erwin Wurm est un artiste plasticien qui s’intéresse à la société de consommation, à ses codes et ses dérives, et produit une œuvre déroutante et fantasque, directement accessible. Il se plaît à détourner, par des sculptures aux formes inconsistantes et distendues, des objets du quotidien stéréotypés. Parmi ses œuvres les plus emblématiques, « Fat Car » et la « Fat House », objets du quotidien boursoufflés. Venu à travailler dans l’espace public à l’aube de sa carrière (des traces de poussière dans les rues aux sculptures décalés comme cette maison encastrée sur un musée Viennois), son œuvre sort des murs lors de commandes spécifiques pour et dans la ville (« Superstress 4.6 », Biennale de Venise en 2011, « Le bateau mou », canal de la matinière, Estuaire, 2007).

Bob la baraque à frites, Lille © Maxime Dufour
Bob la baraque à frites, Lille © Maxime Dufour

Focus

Bob, la baraque à frites

A travers la procédure des « Nouveaux Commanditaires » initiée par la Maison de l’Architecture et de la Ville (MAV) et de la SPL Euralille, une commande de micro-architecture est passée à Erwin Wurm, pour animer la très passante place François Mitterand, au carrefour entre gares et centre-ville. L’artiste a choisi de détourner un marqueur fort de l’identité du Nord, la baraque à frite. D’apparence molle et particulièrement ludique, l’œuvre revisite ainsi la forme classique de la restauration rapide urbaine par une évocation extravagante de la gourmandise.

Pourquoi on en parle ?

En portant sa recherche sculpturale sur les objets de consommation courante autant que sur les idées reçues et le corps humain, Erwin Wurm pose sur les dérives de la société un regard ironique, qu’il met en formes et en espace. En se frottant de plus en plus à l’espace public, comme à Lille (« Bob ») et à Venise (« Superstress 4.6 »), l’artiste conçoit de véritables prototypes urbains : l’œuvre allie alors application économique et fonction urbaine. Tout en portant les marques d’une critique acerbe du système qui l’a vue naître, l’oeuvre fait signe vers de nouveaux usages de la ville.